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Addictions et pratiques sportives

Le sport est souvent considéré comme protecteur pour la santé. Mais c’est l’activité physique qui est utilisée comme outil thérapeutique par les professionnels.

Distinguer sport et activité physique est important car le sport, malgré ses bénéfices, est avant tout synonyme d’émulation et de compétition, avec des gagnants et des perdants. Pratiquer un sport comporte des risques. L’addiction en fait partie.

Décryptage avec Michaël BISCH, médecin addictologue au Centre psychothérapique de Nancy (CPN). 

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Toujours plus de performance

Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble. La devise des Jeux Olympiques nous rappelle que la recherche continue de performance anime notre société. Sur un plan strictement sanitaire, ce n’est pas bénéfique car la pratique de haut niveau amène les sportifs et les sportives à éprouver leur corps et à prendre des risques. 

Se doper pour ne pas perdre 

Consommer un produit à des fins de performance est assez courant. C’est par exemple rester éveillé au volant de sa voiture en buvant du café ou réviser avant un examen sous psychostimulant. Dans le contexte sportif, on parle de dopage lorsque que le produit consommé est listé comme interdit, que ce soit durant une compétition ou en dehors. Dans notre culture de la performance, les sportifs et les sportives ne se dopent pas uniquement pour gagner, mais aussi pour ne pas perdre et pour se maintenir à niveau. 

L’Antenne française de lutte contre le dopage propose des informations et des outils aux sportifs et aux professionnels

Des outils à votre disposition

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Addiction à l’exercice physique 

Un consensus se dessine autour de l’existence de l’addiction à l’exercice physique, même si elle n’est pas encore reconnue par toutes les classifications. On peut la résumer comme une perte de contrôle sur une activité physique, avec des conséquences physiques, psychiques et sociales. La perception positive qui entoure le sport complique la prévention et le dépistage. Pourtant, comme toute conduite addictive, l’addiction à l’exercice physique est associée à une souffrance significative. 

Des conseils à appliquer

Les recommandations pour que l’activité physique soit bénéfique à votre santé.

Alcool et sport 

Des études le montrent : si l’activité physique régulière semble protéger face à l’alcool, le sport pourrait exposer à un risque de consommation problématique. 

Dans cet environnement qui mêle compétition et divertissement, l’alcool peut être présent pour décompresser, compenser une défaite ou célébrer une victoire. Sportifs et spectateurs subissent aussi la forte présence publicitaire et les actions de sponsoring des alcooliers. 

Paris sportifs : gagner à quel prix ? 

En France, le pari sportif s’est considérablement développé et popularisé, surtout auprès d’un public jeune issu de milieux socio-économiques modestes. Les applications mobiles l’ont rendu très accessible et les utilisateurs sont régulièrement sollicités à coup de notifications et d’offres spéciales. De plus, les parieurs, très peu protégés par la Loi, sont la cible d’un marketing qui entretient une illusion : leur expertise et leur habileté individuelle augmenteraient leur probabilité de gagner.  

Entre surendettement abyssal et pensées suicidaires, les situations financières et psychiques des personnes souffrant de cette addiction sont alarmantes. Si en France, nous prenons plutôt bien en charge ces patients, on n’est moins bon en prévention primaire et en repérage précoce. Nos campagnes de santé publique font rarement le poids face aux budgets publicitaires colossaux des opérateurs de jeux. 

Evaluer sa pratique de jeu

L’Autorité nationale des jeux propose aux joueurs d’évaluer leur pratique.  

Une coopération médicale entre le CHRU et le CPN 

Le sujet addictions et sport est complexe car différentes problématiques se chevauchent souvent sur le plan clinique. C’est pourquoi le département d’addictologie du CPN est associé par convention au CHRU de Nancy et son centre universitaire de médecine du sport et activité physique adaptée (CUMSAPA). Placé sous la responsabilité du Pr Bruno CHENUEL, le CUMSAPA est également l’entité support de l’Antenne médicale de prévention du dopage de la Région Grand Est.